Quelle serait la dernière date utile en vue de nommer un commissaire dans une ASBL et quelle est la sanction éventuelle si l’assemblée générale prend la décision de ne pas renouveler immédiatement le mandat ?

Publié le 15 mai 2015

nomination du commissaire > procédure de nomination

Réponse:

Le statut et les obligations du commissaire d’une ASBL sont fixés par l’article 17, § 5 et 7 de la loi du 27 juin 1921 sur les associations sans but lucratif, les associations internationales sans but lucratif et les fondations.

L’article 17, § 7 de cette loi précise que « les articles 130 à 133, 134, § 1er et 3, 135 à 137, 139 et 140, 142 à 144 à l’exception de l’article 144, alinéa 1er, 4° et 5°, du Code des sociétés sont applicables par analogie aux associations qui ont nommé un commissaire. Pour les besoins du présent article, les termes « code », « société » et « tribunal de commerce » utilisés dans les articles précités du Code des sociétés doivent s’entendre comme étant respectivement « loi », « association » et « tribunal de première instance » ».

Conformément aux articles 130 et 135 du Code des sociétés, le commissaire est nommé pour une période de trois ans renouvelable par l’assemblée générale, et ces articles ne prévoient pas de dernière date utile. Le principe est que le terme de trois ans court de l’assemblée générale ordinaire qui a nommé le commissaire jusqu’à l’assemblée générale ordinaire qui doit se prononcer sur les troisièmes comptes annuels pour lesquels le commissaire doit rédiger un rapport de révision.

Conformément à l’article 142 du Code des sociétés, la mission de contrôle du commissaire porte sur la situation financière, les comptes annuels et la régularité au regard de la loi des opérations à constater dans les comptes annuels. Ceci implique que le commissaire doit être nommé à une date la plus proche possible du premier jour de l’exercice comptable sur lequel il est amené à exprimer son opinion.

Plus de détails quant à la nomination du commissaire sont disponibles dans l’étude IRE, 2004, La société et son commissaire (p. 17, point 1.1.5) qui traite de la problématique de la désignation d’un commissaire. Cette publication est disponible sur le site internet de l’Institut des Réviseurs d’Entreprises (www.ibr-ire.be) sous la rubrique « Publications – Séries clôturées – Etudes IRE ».

Finalement, en réponse à la question relative à l’éventuelle sanction, il y a lieu de constater qu’il n’y a pas de sanction spécifique dans le secteur associatif (en société, l’article 171, § 1er du Code des sociétés prévoit des sanctions pénales à l’égard des administrateurs qui contreviennent sciemment aux dispositions du Code relatives au contrôle des comptes annuels).

Il y a cependant lieu d’attirer l’attention sur l’article 131 du Code des sociétés, applicable aux associations en vertu de l’article 17, § 7 de la loi du 27 juin 1921, tel qu’adapté au secteur associatif : « A défaut de commissaires, ou lorsque tous les commissaires se trouvent dans l’impossibilité d’exercer leurs fonctions, il est immédiatement pourvu à leur nomination ou à leur remplacement. A défaut, le président du tribunal de première instance, siégeant comme en référé, sur requête de tout intéressé, nomme un réviseur d’entreprises dont il fixe l’émolument et qui est chargé d’exercer les fonctions de commissaire jusqu’à ce qu’il ait été pourvu régulièrement à sa nomination ou à son remplacement. Une telle nomination ou un tel remplacement ne produira toutefois ses effets qu’après la première assemblée générale annuelle qui suit la nomination du réviseur d’entreprises par le président. ».

Par ailleurs, en cas d’absence de nomination d’un commissaire alors qu’elle est requise, on ne peut exclure que dans certaines circonstances, il y ait matière à mise en cause de la responsabilité des administrateurs.

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